Archive for the ‘Works and gribouillis’ Category

MON rêve familier

Edward Hopper- Summer Interior

Je fais souvent ce rêve étrange et déchirant

D’une femme inconnue que tu aimes et qui t’aime

Et qui est chaque fois exactement la même,

Toujours cette même Autre, et t’aime et veut te prendre.

Ainsi elle te prend, et mon coeur transpercé

Pour moi seule demeure un problème

Pour moi seule, et les moiteurs de mon front blême,

Que toi seul savais rafraîchir, et maintenant ?

Est-elle belle, bonne ou douce ? Je l’ignore.

Son nom ? Je le devine, je le tords, je le mords,

Comme le tien, mon Aimé, puisque tu t’exilas.

Mon regard est pareil au regard des statues,

Et dans ma voix, palimpseste et esclave,

Sonne la déraison des voix de celles que l’on tue.

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Ma palette

Du beau bleu de ses yeux qu’on m’annonce éphemère

Du blanc bleuté du lait qui fait de moi sa mère

Du jaune bouton d’or qui repousse mes frontières

Du nacré de ses ongles qui m’agrippent aux viscères

Du rose de ses joues qui devient mon repaire

j’ai fait ma palette

 

Du goût salé des larmes j’ai le ventre qui hurle

De la chaleur du souffle j’ai l’espoir qui renaît

De l’odeur de l’amour je me repais en paix

De ses balbutiements moi

j’ai fait des chansons

Image

photo: Lynsey Stone

 

 

 

 

OI

 

 

Un cercueil de ciment sous les plaines

C’est comme la fin du siècle

Qui savait au début qu’il y aurait une fin

Les naufragés et leurs peines qui jetaient l’encre ici et arrêtaient d’écrire

 

Et comme les illusions croulent, je vais pleurer tout mon saoul

There’s nothing I can do, à part traîner sur les genoux

WHAT I FEEL,
TEAR IS IN MY HEART

 

Où en est l’art Edgard ?

Des carnages il se peut, qu’arrivent la limite

quand la pluie de sagesse
pourrit sur les trottoirs

Il paraît qu’il faut s’habituer à des printemps sans hirondelles

Malentendu entre les tours, et c’est le fou qui était pour

 

Mais reste encore un peu après, que même la fin soit terminée

Nous on veut de la vie

 

A la beauté des rêves
A la mélancolie

Si les jeux sont faits

Au son des mascarades

On pourra toujours se marrer

Tout disparaîtra mais

Je peux encore garder ton nom, je peux aussi dire que je l’aime

Reste des pointillés


 

Nature mourante

Planète Decay

Solitude

Solitude II

Sourire

Le Bal

J’ai descendu dans mon jardin,

J’y ai rencontré le Malin

Il m’a souri d’un air serein

M’a invité à son festin:

« Ce n’est plus le temps des fleurs Madame,

C’est le temps des frayeurs,

Le fond de l’air est pourri Madame,

Bientôt vous serez dans mon lit. »

J’ai avancé dedans la foule,

Des morts, des fantômes et des ghoules,

On m’a offert un verre de vers

Et une couronne de chardons ; fière,

J’ai dansé la samba

Avec cette pauvre Tituba

 » Valsons jusqu’à la mort, Madame

Puisque c’est notre sort.

Le soleil est en berne, mesdames

Et le caveau se referme.

Et si vous passez l’hiver, mesdames

Vous perdrez un peu de beauté.

Et chaque année pour vous plaire Madame,

Nous reviendrons pour danser. »

Ectoplasme

Punk mummy

Morituri

Carnevil

Haunted

Equinox

Poisonous times

Autumn has been creeping on us. Tongues of coldness and whiffs of drowsiness are blowing over our land, vaporising places, reaching for some last skeptic: the large leaf of this chesnut tree is innocently displaying its remaining green veins, unaware of  autumn’s quick temper; soon enough, it is torn away brutally in another attempt on autumn’s part to impose his new authority in whomever’s mind. He is the newly appointed landlord, and for the next few months all will be his. Hearts and souls are no exception… They are his favourite preys.